Articles Tagués ‘dépression’

Les jeunes qui ont mal à l’âme

19 novembre 2009

Le bulletin du mois de novembre tourne autour de thèmes pas très rigolos. Dépression, tristesse, anorexie… Nous avons décidé d’aborder ces sujets, car quand en regardant les statistiques des recherches faites sur le site Web de l’hôpital, j’ai constaté que les mots clés tels que « dépression » ou « anxiété » arrivent à peine plus bas que les mots « rhume » ou « fièvre ». Je me suis donc mise à visiter les sites Web comme Tel-Jeunes ou Jeunesse J’écoute, afin de voir d’où vient le mal à l’âme de nos jeunes. Peines d’amour, divorce des parents, échec scolaire, taxage, intimidation…

Les jeunes ont des soucis, peut-être plus qu’on le pense, et visiblement, les parents sont inquiets. D’un côté, il y a ces jeunes qui vivent un moment difficile et qui en parlent sur des forums; de l’autre, il y a ces parents qui, pour savoir si leurs enfants vivent seulement une tristesse passagère ou s’il y a lieu de s’inquiéter, cherchent sur le Web. J’ai envie de leur dire de se parler plus et mieux, mais je sais que ce n’est pas toujours facile. J’ai donc fait appel au Dr Yves Beaulieu, directeur du département de psychologie à L’HME, pour faire profiter mes lecteurs de ses connaissances.

« Il y a souvent confusion entre la tristesse et la dépression, dit le Dr Yves Beaulieu. La dépression est différente tant dans sa forme que dans son niveau de sévérité. » Il explique qu’il y a un continuum de symptômes allant de la tristesse occasionnelle (possiblement liée à des évènements ou un stress ponctuels), au deuil (qui s’effectue dans la norme), au problème d’ajustement avec humeur dépressive en réponse à un stress ou à des évènements qui persistent… pour finir, à l’extrémité du continuum, avec la dépression majeure caractérisée par 5 des 9 symptômes suivants qui persistent pendant une période d’au moins deux semaines : tristesse profonde ou irritabilité; pensées suicidaires; diminution de l’intérêt pour des activités auparavant plaisantes; perte ou gain de poids; agitation ou lenteur psychomotrice; fatigue et perte d’énergie; certitude de n’avoir aucune valeur; difficultés de la pensée ou trouble de concentration; et insomnie ou hypersomnie.Quand on y pense, certains de ces symptômes peuvent apparaître de façon isolée chez tout adolescent bien constitué; pourtant, la dépression se manifeste chez 5 % des adolescents. « Elle peut être précipitée par un niveau de stress élevé ou une perte importante; chez les adolescents, le risque suicidaire peut être élevé et une intervention rapide est recommandée. »

Il faut donc être à l’affût de ces symptômes, et pour cela, il faut être présent. Je sais que ça semble facile à dire, mais parfois, nous sommes tellement pris par nos propres soucis qu’une chicane d’amis peut nous sembler sans importance. Pour aider notre enfant à passer au travers, encore faut-il communiquer avec lui, lui consacrer du vrai temps de qualité.  Dans notre société actuelle, ça semble parfois bien difficile.

« Les familles semblent vivre plus de stress en général, et ce, avec moins de soutien et souvent sans le bénéfice de l’expérience des membres de la famille élargie, comme les grands-parents. Il semble aussi que plusieurs familles n’aient plus l’occasion de passer ensemble du temps de qualité, ce qui augmente l’isolement de chacun des membres de la famille et diminue le sentiment d’appartenance. » dit Dr Beaulieu.  J’invite les parents à faire un petit tour sur les sites pour ados, question de vous familiariser avec les soucis de nos jeunes et peut-être même de vous outiller pour être prêts à aborder certains sujets ou événements.

Et si vous croyez que votre ado a besoin d’aide, n’attendez pas.Si vous avez besoin de ressources, le Dr Beaulieu mentionne que le gouvernement du Québec met présentement en place son Plan d’action en santé mentale et que déjà, dans plusieurs régions du Québec, le guichet psychosocial des centres de santé et de services sociaux (CSSS) est devenu le guichet unique pour l’accès aux services psychosociaux en santé mentale. Toutefois, si vous être très inquiet pour la santé et la sécurité de votre enfant, n’hésitez pas à vous présenter à l’urgence pédiatrique la plus près.

 


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.