Cet hiver à la garderie, à l’exception des journées froides, Puce allait dehors presque tous les jours. Quand on arrivait à la maison, elle voulait rester dehors, mais comme je suis frileuse, on ne le faisait pas très souvent. Maintenant que le printemps se pointe le nez, j’acquiesce, et on va même au parc, mais là, je stresse… Puce est têtue et téméraire; les deux ensemble, ce n’est pas très bon pour mes nerfs, et les dangers qui la guettent me semblent infinis… Ai-je raison?
Le trottoir : Je lui ai bien expliqué qu’il y a la rue et le trottoir, et que les voitures roulent vite, ce qu’elle semble comprendre. Mais quand c’est l’heure de rentrer et qu’elle part en flèche pour m’échapper, elle pourrait tellement tomber tête première sur le béton…
Les autres enfants : Des petits « grands » font du vélo avec des roues d’appoint, des apprentis « skateurs » sautent les deux marches entre le parc des grands et le parc des petits. Puce, elle, ne fait pas attention, et les petits Alonso peinent à freiner. Je l’ai déjà sauvée deux fois… mais je crains la collision.
Les insectes : Je vous le jure, il y avait une guêpe à mon parc. Tout près de la balançoire dans laquelle se balançait Puce. J’ai horreur des petites bêtes jaune et noir, des poilues, des volantes. Même les papillons, je ne les aime que de loin. Alors, dès que ça a fait buzzzzz près de ma puce, je l’ai arrachée à la balançoire et j’ai dû composer avec la crise… Mais je suis persuadée que la piqûre aurait été pire si elle s’était fait piquer.
Le sable : D’abord, il y a des guêpes de sable; c’est confirmé, la ville de Montréal a même fermé ma pataugeoire à cause de ça l’an dernier! Mais il y a aussi de la vitre, des jouets en plastique cassés, des bouchons de bière. Depuis que j’ai trouvé de morceaux de verre cassé enfouis, je ratisse le carré dans lequel ma fille joue (OK, cette fois-ci, vous ne pouvez pas dire que j’exagère.) Si je mets la main sur la personne qui a pris le temps de casser la bouteille et de cacher ces morceaux de verre…
Les chiens : Qui dit parc, dit chiens. Petits chihuahuas jappeurs, grands labradors sympathiques, imposants saint-bernards, enthousiastes bouviers… Bref, Puce les adoooore… Mais ils sont si gros, ils ont de si fines dents, ils sont si câlins, elle est si petite. Bref, vous voyez ce que je crains….
Ai-je raison? Je fais la part des choses. Car, chaque fois que nous sommes au parc, je vois ma fille si heureuse de bouger, courir, s’émerveiller devant les chiens, tomber et se relever, jouer dans le sable, essayer d’escalader les jeux. Il faut que je me rendre à l’évidence : elle ne sera jamais à l’abri des blessures, et elle apprendra à faire attention en se faisant parfois mal.